Luis Enrique : « Paris est différent, Paris est spécial »

Pour sa quatrième saison à la tête du Paris Saint-Germain, Luis Enrique poursuit son ambition de marquer l'histoire du Club. Dans cet entretien, l'entraîneur espagnol revient sur les raisons de sa prolongation, la relation de confiance nouée avec le Président Nasser Al-Khelaïfi et Luis Campos, ses ambitions en Ligue des champions et sa philosophie de jeu. Il évoque également son rapport aux joueurs, l'importance de son staff et le lien particulier qu'il a développé avec Paris et ses supporters.

Coach, on entend souvent en France cette expression : « L'amour dure trois ans. » Cela se vérifie parfois pour les entraîneurs, mais pas avec vous !

« J'espère que ce n'est pas vrai, que l'amour ne dure pas seulement trois ans ! C'est la première fois, dans ma carrière d'entraîneur, que cette histoire dure aussi longtemps. Ce n'est pas facile de rester deux, trois ou quatre ans dans un club. On est connecté en permanence, tout le temps préoccupé par la préparation de l'équipe et par tout ce qui est important pour elle. Je me rappelle qu'il y a des moments où j'essaie de prendre un peu de recul, de réfléchir, mais c'est difficile. Tu gagnes un match et, dix minutes après, tu es déjà préoccupé par le prochain adversaire, par son niveau.

Quand l'adversaire est très fort, c'est plutôt une source de motivation. Mais il y a toujours la peur de perdre, de ne pas être performant. C'est ce qui est difficile à gérer pour moi en tant qu'entraîneur, et c'est pour cela qu'il est compliqué de rester longtemps au même endroit. Mais Paris est différent, Paris est spécial. Ce que nous avons vécu ici dès les premiers jours a été très particulier pour moi. C'est pour cela que nous continuons, que nous cherchons à nous améliorer. »

Ce sont donc des facteurs humains, sportifs et personnels qui vous ont convaincu de rester ?

« C'est clair. Il y a la confiance du Club, des présidents et de Luis Campos. La connexion avec Luis Campos, dès les premiers jours, a été très spéciale. C'est une combinaison magnifique. Nous sommes tous ensemble, nous cherchons à nous améliorer encore, à profiter de ce que nous faisons et à rendre nos supporters heureux. C'est finalement la motivation la plus importante. »

À votre arrivée au Club, vous évoquiez déjà l'importance de la confiance pour travailler sereinement. Avec le recul, qu'est-ce qui vous a permis de créer cette connexion à Paris ?

« C'est justement cette confiance qui me permet de travailler comme entraîneur. Je me souviens d'une phrase que j'avais prononcée lorsque j'étais à la tête de la sélection espagnole. Je ne sais pas quel sera le résultat après plusieurs années, mais je sais que nous allons perdre des matches. Nous allons peut-être perdre une rencontre, une qualification pour une Coupe du monde ou un Euro en jouant de cette manière. Mais je suis pleinement convaincu que cette façon de jouer est la meilleure pour gagner. Normalement, je n'arrive pas toujours à établir cette connexion.

À Paris, cela a été différent. Il y a eu une véritable connexion avec les supporters, avec le Club et avec cette volonté commune de progresser. Il y a aussi la confiance que Luis Campos m'a accordée, la qualité des joueurs que nous avons recrutés et leur capacité à s'adapter à notre idée du football. Pour moi, un directeur sportif doit être courageux. Il doit recruter des joueurs adaptés aux idées de l'entraîneur. Dans notre cas, les idées de Luis Campos et les miennes sont similaires, et c'est l'une des clés de notre réussite. Il y a ensuite, bien sûr, la capacité du Club à recruter des joueurs incroyables, comme ceux que nous avons aujourd'hui. »

Après les succès européens du Paris Saint-Germain, avez-vous de nouveaux records en tête ? Terminer parmi les huit meilleures équipes européennes, par exemple, constitue-t-il une motivation supplémentaire ?

« C'est assez curieux, parce que, lors de nos premières années, personne ne pensait que nous pouvions gagner la Ligue des champions. Au début de la saison dernière, personne ne nous imaginait capables de la remporter. Après deux titres consécutifs, les choses ont changé. Aujourd'hui, si vous demandez à n'importe quel Parisien, qu'il aime le football ou non, quelle équipe va gagner la Ligue des champions, il vous répondra le Paris Saint-Germain ! C'est incroyable. Mais il faut comprendre que ce n'est pas parce que tout le monde le dit que cela va arriver. Il y a six, sept ou huit équipes capables de gagner cette Ligue des champions. Nous en faisons partie, mais ce sera difficile et nous ne sommes pas les grands favoris. Autour de notre Club, il y a énormément d'informations, d'attentes et de commentaires, positifs comme négatifs. Il faut savoir garder la bonne perspective. »

Les prochaines échéances européennes face à Manchester City et au FC Barcelone sont des défis que vous appréciez particulièrement ?

« C'est clair. Tous les joueurs et tous les entraîneurs aiment jouer ce type de matches. Mais nous avons aussi des rencontres de championnat, et elles sont tout aussi motivantes. Le championnat nous permet de montrer que nous sommes prêts à jouer n'importe quelle compétition. Nous sommes faits pour jouer la Ligue des champions. Nous avons une motivation supplémentaire : essayer de réaliser quelque chose que seul le Real Madrid a réussi à faire jusqu'à présent. C'est un objectif particulier. Nous allons jouer Manchester City à l'extérieur et Barcelone à domicile. Ce sont deux équipes qui aiment gagner la Ligue des champions, qui l'ont déjà remportée et qui font partie des favoris. »

La Ligue 1 rappelle aussi qu'aucune saison ne se ressemble et que la concurrence reste importante. Cette exigence vous motive-t-elle ?

« Ce qui compte, c'est de comprendre que rien n'est facile. En Ligue 1, nous avons gagné les trois dernières années, mais cela n'a jamais été simple. Chaque fois que je parle avec un entraîneur ou un joueur qui arrive en France, j'entends la même chose : on lui a dit que le championnat était facile, mais il découvre que ce n'est pas du tout le cas. Le niveau physique et technique des joueurs en Ligue 1 ne cesse de progresser. C'est toujours difficile. Je ne me souviens pas de beaucoup de matches faciles, notamment à l'extérieur. Nous avons beaucoup souffert, et je pense que c'est important que les choses soient ainsi pour continuer à progresser. »

Vous dites souvent que vous voulez écrire l'histoire. Qu'est-ce que cela signifie pour vous, au-delà des trophées et des victoires en finale ?

« C'était notre premier objectif lorsque nous sommes arrivés ici : marquer l'histoire. Tout le monde savait que le Club avait déjà gagné des trophées importants, mais il n'y avait pas de trophée plus important pour nous que la Ligue des champions. Nous l'avons remportée deux fois de suite, mais ce n'est pas une raison pour nous arrêter. Pour moi, en tant qu'entraîneur, comme pour les joueurs, l'envie de gagner en permanence est une caractéristique essentielle du très haut niveau. Je veux gagner le match de padel contre Joaquín Valdes, puis gagner le match du lendemain, gagner l'entraînement, gagner le prochain match.

C'est toujours le même objectif : gagner et continuer à gagner. Je ne suis pas préoccupé par le nombre de matches que nous allons remporter. Nous voulons gagner les trophées les plus importants, tout en sachant que nous ne gagnerons pas tout le temps. Il y a des moments différents dans une carrière, et continuer à gagner est particulièrement difficile après avoir déjà remporté de grands titres. Mais c'est aussi une motivation supplémentaire. »

Avez-vous l'ambition de faire du Paris Saint-Germain une véritable référence dans le football ?

« J'aimerais que ce soit le cas, notamment parce que cela montrerait que nous sommes une équipe qui joue avec agressivité, mais pas une équipe qui frappe ses adversaires ou qui accumule les cartons jaunes et rouges. Je voudrais que nous soyons reconnus comme une équipe respectueuse, courageuse et ambitieuse, composée de joueurs de grand talent. Je pense que c'est important de montrer aux enfants que l'on peut jouer au football en prenant du plaisir et en gagnant. C'est évidemment essentiel à ce niveau, mais il faut aussi que les supporters prennent du plaisir à nous regarder. Au cours des deux ou trois dernières années, j'ai rencontré des personnes qui n'avaient aucun lien particulier avec le Club, mais qui me disaient apprécier les joueurs de notre équipe. Pour moi, c'est un très beau compliment. C'est quelque chose de très positif que j'apprécie beaucoup. »

Sur le plan personnel, avez-vous le sentiment d'être aujourd'hui un entraîneur davantage compris et écouté ? Le regard porté sur vous a-t-il changé ?

« Non. Le Club savait parfaitement quel type d'entraîneur j'étais lorsque je suis arrivé. Je reste le même, avec les mêmes erreurs. Je ne suis pas parfait et je continue à en commettre beaucoup. J'essaie de m'améliorer chaque jour, et c'est une motivation importante pour moi. J'ai de l'expérience dans le football, mais cela ne signifie pas que je considère avoir toujours raison ou que je ne peux plus progresser. Je sais que je peux encore m'améliorer dans de nombreux domaines, et c'est l'un des principes que je cherche à suivre. »

Votre travail est-il devenu plus facile ? Les joueurs comprennent-ils mieux vos méthodes, au point que vous ayez moins besoin de les convaincre ?

« C'est plutôt l'inverse ! J'ai prolongé mon contrat et j'ai désormais encore plus de pression pour montrer que je suis prêt à continuer et que je veux encore faire gagner de nombreux trophées au Paris Saint-Germain. Je ne suis pas plus calme ou plus tranquille simplement parce que les gens me disent qu'ils sont très contents. Les Parisiens me disent souvent : “Vous avez changé notre vie.” Mais attention, il ne faut pas exagérer l'importance du football. Il y a beaucoup de choses plus importantes dans la vie. Cela reste très beau, en tant qu'entraîneur, de savoir que son travail a pu apporter quelque chose aux gens, de partager des moments aussi forts avec eux et avec leurs familles. Mais cela représente aussi davantage de motivation et de responsabilité pour moi. Je dois montrer que je mérite la confiance que l'on m'a accordée. »

Votre relation avec les joueurs a-t-elle évolué ? Les impliquez-vous davantage aujourd'hui ?

« Notre manière de communiquer avec les joueurs évolue. Nous cherchons aussi à rester imprévisibles pour eux, même si nous travaillons avec une grande partie du même groupe depuis trois ans. Certains joueurs sont partis, d'autres sont arrivés, mais le plus important est qu'ils comprennent notre manière de jouer et qu'ils soient capables de prendre des décisions importantes pendant les matches. Je ne veux pas être un entraîneur qui donne constamment des ordres et qui dit aux joueurs : “Tu dois faire ceci, cela et cela.” Ils doivent comprendre le jeu pour prendre la meilleure décision à chaque instant. C'est la clé.

Ils doivent aussi être capables de proposer des solutions et de gérer les différentes situations qui se présentent. Ce n'est pas seulement à l'entraîneur de décider de tout. Nous avançons tous ensemble, et les joueurs doivent prendre davantage de responsabilités. C'est ce que nous essayons de faire pendant les causeries. Nous anticipons les situations que nous pourrions rencontrer, la manière dont l'adversaire va défendre et les difficultés que nous risquons de rencontrer. Un entraîneur peut parler avant le match, à la mi-temps et après la rencontre. Mais, pendant le match, les joueurs doivent comprendre eux-mêmes ce qui se passe sur le terrain. »

Dans votre métier, vous cherchez en permanence à vous renouveler. Est-ce indispensable ?

« Tout le temps ! Je dois améliorer mon français, mon anglais, mon italien, mais aussi ma manière de communiquer avec tout le monde et de prendre des décisions. J'ai la chance d'avoir autour de moi, dans mon staff, des personnes qui cherchent elles aussi à faire évoluer les choses. J'aime le changement, j'aime sortir de ma zone de confort. Mais, au final, il est important de rester fidèle à ce que nous pensons. »

Vous disposez d'un effectif très jeune. Avez-vous le sentiment de ne pas encore avoir exploité tout son potentiel ? Est-ce que cela a influencé votre décision de rester pour continuer à accompagner ces joueurs ?

« Pour être honnête, cela me fait un peu peur ! L'écart d'âge entre les jeunes joueurs, comme Ibrahim l'année dernière, et moi se creuse chaque année. Mais si je regarde ma carrière d'entraîneur, je me rends compte que j'ai toujours réussi à créer de bonnes relations avec les joueurs. Je pense que cela peut continuer, même avec cette différence d’âge. J'aime beaucoup rire, plaisanter et être proche des joueurs. C'est quelque chose qui me donne de l'énergie : être connecté avec eux, faire des blagues, partager des moments ensemble. Je me souviens que Vitinha me dit parfois : “Je ne sais pas si tu es sérieux ou non.” Et je lui réponds que c'est à lui de l'interpréter ! (Rires.) J'aime cette relation. J'aime pouvoir aider les joueurs, mais aussi les mettre au défi, les pousser à réagir et observer leur réaction à ce que je leur dis. Est-ce que cela produit quelque chose de positif ou de négatif ? Chaque joueur a besoin d'un discours différent, selon les moments. Certains ont besoin d'être encouragés, d'autres ont besoin d'un message plus exigeant. J'essaie de trouver la meilleure manière de communiquer avec chacun. C'est passionnant, et c'est ce que j'aime dans mon métier. Tout évolue en permanence, comme notre équipe, qui est toujours en mouvement. »

Vous mettez souvent vos joueurs en concurrence pour les pousser à se dépasser. Mais vous, avec qui vous mettez-vous en concurrence ? Est-ce avec vous-même ? Comment vous challengez-vous au quotidien ?

« Je n'ai jamais été motivé par l'idée de me comparer aux autres entraîneurs. Chacun suit son propre chemin, et c'est quelque chose que tout le monde devrait comprendre. Beaucoup d'entraîneurs cherchent à copier ce qui fonctionne chez les autres. Pour moi, le plus important est de continuer à suivre sa propre voie. Cela signifie qu'il faut se poser des questions. Est-ce la manière dont je veux que mon équipe joue ? Est-ce la manière dont je veux qu'elle perde, si elle doit perdre ? C'est probablement l'une des choses les plus difficiles à accepter pour un entraîneur. Mais ce sont justement les défaites qui nous obligent à nous remettre en question. Je n'ai pas besoin de me motiver en regardant les autres entraîneurs. Je n'ai aucune intention de chercher à améliorer mon palmarès ou mon CV simplement pour les dépasser. Je suis très heureux de ce que j'ai accompli jusqu'à présent. J'ai toujours l'ambition de gagner beaucoup de trophées et de continuer à gagner. Mais, lorsque viendra le moment de perdre, il faudra l'accepter de la meilleure manière possible. Il y aura une autre équipe, un autre entraîneur, une autre famille, un autre club qui gagnera et qui sera heureux. C'est la vie. Il faut accepter ce qui arrive, tout en donnant 100 % de soi-même. »

Vous évoquez souvent les personnes qui vous motivent au quotidien. Comment décririez-vous votre staff, ces hommes qui vous entourent et vous accompagnent tous les jours ?

« C'est évidemment très important. J'entraîne depuis quinze ou dix-huit ans, je ne sais même plus exactement, et j'ai travaillé avec différentes personnes. Certaines sont parties, ce qui est normal dans ce métier. Au plus haut niveau, nous partageons énormément de choses. Nous voyageons ensemble, nous travaillons ensemble, nous passons beaucoup de temps dans les mêmes bureaux. Il y a aussi des moments où l'on s'énerve parce que les choses ne se passent pas comme on le souhaiterait. Le sport de haut niveau est extrêmement difficile. Gagner est compliqué, et la pression est incroyable. Chaque saison apporte son lot de difficultés. Mais, au final, ce sont le staff et les joueurs qui doivent partager ces moments, chercher à se comprendre et réfléchir ensemble à la manière de progresser. C'est ce que nous essayons de faire. »

Qu'est-ce qui fait la force de votre relation avec Luis Campos ?

« C'est quelque chose de très difficile à expliquer, mais j'ai eu la chance de travailler avec de très bons directeurs sportifs auparavant. Je me souviens notamment d'une conversation récente avec mon fils Pacho. Je lui ai rappelé le jour où Luis Campos était venu chez moi, au début de notre collaboration. Il savait où j'habitais, il était venu me voir et je me souviens très bien de ce moment. Avec Luis, la connexion a été très claire dès les premières minutes. C'était quelqu'un que je ne connaissais pas encore vraiment, mais j'ai rapidement senti qu'il avait confiance en moi et qu'il voulait faire de grandes choses pour le Club. Cette connexion m'a surpris, dans le bon sens du terme. C'était un moment très important pour moi. J'avais déjà connu de belles collaborations auparavant, mais celle-ci a été particulièrement forte. C'est la meilleure manière de travailler pour un entraîneur : avoir cette confiance et avancer tous ensemble. »

Votre implication dépasse également le terrain, notamment à travers les actions associatives du Club et sa fondation. Pourquoi cet engagement est-il important pour vous ?

« Dès les premiers jours, j'ai rencontré les dirigeants et découvert la relation du Club avec sa fondation. Nous cherchons à aider les personnes qui en ont besoin, et c'est quelque chose de magnifique. C'est une mission qui appartient à toute l'équipe et que nous partageons. Les joueurs sont eux aussi très impliqués et restent en contact avec la fondation. Il est très important de savoir que nous avons la possibilité d'aider les autres grâce au football. Nous pouvons jouer, faire notre métier et, en même temps, apporter quelque chose aux personnes qui en ont besoin. C'est très positif, et je pense que le Club est à un très haut niveau dans ce domaine. »

Le Parc des Princes représente un symbole fort. Paris est une ville de football, avec un public passionné. La possibilité de créer ce lien avec les supporters a-t-elle compté dans votre choix de rester ?

« C'est clair. C'est la première fois que je vis quelque chose comme cela, et ma réaction a été : “Waouh !” Il y a notamment cette banderole lors des matches, et je pense aussi à tout ce qui s'est passé autour de la finale de la Ligue des champions. C'est incroyable. Je peux simplement leur dire merci. C'est un véritable plaisir. Les supporters m'ont toujours témoigné beaucoup de respect, y compris à titre personnel, et cela compte énormément pour moi. En tant qu'entraîneur, cela représente aussi davantage de pression, parce que j'ai envie de continuer à progresser et de leur apporter encore plus. »

Finalement, coach, vous êtes devenu un vrai Parisien !

« J'espère ! Mais je dois encore beaucoup améliorer mon français. Les premières années ont été très difficiles pour moi lorsque j'essayais de parler la langue. J'avais parfois l'impression d'être dans une impasse. Mais je progresse et je me sens de plus en plus à l'aise chaque jour. Je pense que c'est important de pouvoir transmettre ce qui compte pour ce club parisien et français, et de faire vivre sa culture. Je suis un étranger, mais j'ai envie de me connecter à Paris et j'espère rester connecté à cette ville pour le reste de ma vie. »

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